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LE REGARD DE L'ARCHITECTE HENRI CIRIANI - LE MONDE DU 04/02/1993

 Dans le cadre du dossier "La fièvre des musées" publié les 2, 3 et 4 février 1993, signé Michel Guerrin et Emmanuel de Roux, un espace était consacrée à cet interview de Ciriani dans le troisième volet.

Auteur du Mémorial de la Grande Guerre à Péronne (Somme) et de l'Institut de recherche sur la Provence antique d'Arles (IRPA), l'architecte Henri Ciriani explique ici sa conception d'un bâtiment voué à l'art.

"Ma pensée muséale a été façonnée par le Musée d'Arles, la ville en France où les vestiges romains sont les plus importants. Il n'existe pas, ailleurs, de confrontation aussi redoutable avec Rome qui a inventé la civilisation -- elle a réussi à faire un tout des autres cultures. Il fallait donc inventer autre chose. Se tourner vers la permanence du site, vers la géographie: le Midi, c'est le Mistral, un vent qui nettoie tout et laisse le ciel d'une limpidité absolue dans une lumière éblouissante. Mais la romanité nous a appris que les figures architecturales doivent être simples pour être identifiées. J'ai choisi le triangle -- une figure qui n'existe pas à Rome et qui est  une obsession de l'architecture moderne. Les Romains recouvraient leurs monuments de marbre pour des questions d'ampleur visuelle. Pour retrouver cette idée, j'ai utilisé l'Emalit, le verre émaillé.

Le triangle m'a permis de dégager un concept d'entrée: d'un côté le culturel, de l'autre le scientifique. Pour chacun, un bâtiment. Entre les deux, le musée proprement dit qui s'ouvre sur le fleuve. Ce qui fonctionne difficilement dans les musées utilisant des bâtiments "réaffectés", c'est l'entrée, d'où l'on doit percevoir toute la complexité du lieu. Longtemps, les architectes ont dû se référer à l'unique musée construit selon ce principe: le  Musée d'art moderne de New-York, le MOMA, qui avait tiré la leçon de la seule invention architecturale américaine, le lobby, ou hall, de l'hôtel new-yorkais. Mais si l'entrée du musée es un espace urbain intérieur, c'est aussi l'enceinte d'un lieu sacré. Il faut donc faire en sorte que le public soit affranchi du "terrorisme culturel" qui l'empêche d'aller plus avant.

"Le lieu de la verité"

Les collections s'étalent sur un seul niveau à cause de leurs poids. La muséographie est rythmée par la couleur et les matériaux. La lumière est naturelle --Frank Lloyd Wright et Le Corbusier sont les premiers à avoir compris que le musée est une circulation de la lumière naturelle -- diffusée de façon homogène comme dans une usine grâce aux verrires situées à plus de 5 mèètres de hauteur. Elles sont assez éloignées des têtes pour qu'on puisse s'imaginer être dans u n espace sans toit, come dans une clairière.

Avec le conservateur Jean-Maurice Rouquette, je n'ai jamais eu le moindfièèvrere problème quant à la modernité affichée du bâtiment: le concours a été remporté en pleine période post-moderne où les colonnettes poussaient un peu partout. Souvent, les conservateurs se méfient des architectes: si le peintre est très bon, il fait oublier l'architecture, mais ils aimeraient bien que l'architecture soit neutre pour que les petits maîtres aient eux aussi leurs chances.

Le musée, tout comme une église, est un lieu où l'on s'attend à ce qu'il y ait de l'architecture. Il ne procède pas d'un prototype, comme l'hôpital par exemple. Son origine c'est soit la ruine, soit le palais. Le programme est entouré d'une aura quasi religieuse. Le musée c'est le lieu de la vérité, de l'original, non pas de l'image reproductible, mais de l'unique. Il n'a pas de concurrent. Beaucoup de maisons de la culture se sont effondrées parce qu'elles étaient bâties autour d'un théâtre férocement concurrencé par le cinéma et la télévision. Pourquoi tant de visiteurs préfèrent-t-ils acheter un livre d'art au musée plutôt que dans une librairie? Le choix qu'ils y font leur semble meilleur, parce que le musée dit la verité."

Propos recueillis par Emmanuel de Roux

Une exposition rétrospective pour célébrer les 30 ans du Musée bleu à Arles

/ Photo Valérie FARINE

L’exposition anniversaire du Musée départemental Arles Antique "Musée bleu, une architecture couleur du temps", a été inaugurée ce jeudi 10 juillet, et propose une plongée dans la création du chef-d’œuvre d’Henri Ciriani.

 Pour lire l'article complet paru dans le journal La Provence, cliquez ci-dessous:

La Provence 

 

L'HISTORIAL DE LA GRANDE GUERRE, A PERONNE LE PIANO A QUAI

Par Frédéric Edelmann

Publié le 18 juillet 1992 dans LE MONDE

Plan masse, version simplifiée: un corps de bâtiment en pointe courbe, le long de l'eau, est séparé par une "faille" d'un second bâtiment, rectangulaire celui-ci, lien subtil avec la ville. L'Institut du monde arabe à Paris? Pas du tout: l'Historial de la Grande Guerre à Péronne. Jean Nouvel, le plus connu de coauteurs de l'Institut (1), et Henri Ciriani, auteur de l'Historial (2), nous pardonneront cette comparaison sacrilège entre leurs deux travaux, eux qui sont les porte-drapeaux des deux tendances françaises perçues comme les plus opposées.

D'un côté Nouvel, chantre des solutions radicales, de la transparence et du bardage. De l'autre, Ciriani, réinventeur du mouvement Moderne, dont il a repris les explorations après la parenthèse d'une guerre et d'une reconstruction destructrice, doseur de lumière, poète et maître du béton. Quant à leurs discours sur l'architecture et sa pratique, ils sont carrément antagonistes.

Aussi, notre comparaison initiale témoigne-t-elle, surtout, d'un des signe souvent invisibles qui marquent, ) l'insu de ceux qui les tracent, les convergences d'une époque. Elle est enfin l'occasion de souligner la grande singularité d'un maître d'œuvre comme Ciriani. Car, là où le Monde arabe joue brillamment, et d'ailleurs paradoxalement, le parti de l'extériorité jusque dans ses espaces internes, l'Historial est un véritable et génial monument à l'intériorité. "L'architecture ne peut symboliser ni représenter l'absurdité de la guerre. Pour représenter une œuvre de paix, l'architecture doit puiser dans sa propre nature, à savoir: révéler (nommer) la gravité, et faire acte de générosité (donner) pour aboutir", écrit Ciriani à propos du Musée de Péronne. Quand tant d'architectes avancent des propos et des intentions qui se révèlent à mille lieux du bâtiment réalisé, Ciriani, en disant cela, pose avec exactitude, et sans forfanterie, les principes qui vont effectivement guider sa réalisation.

Nous avions, en 1978, quitté Ciriani sur l'air d'éternité qu'il avait su donner à un ensemble de logements, Noisy-II, à Marne-la-Vallée. Le Grand Prix national d'architecture était venu récompenser, en 1983, le maître d'œuvre comme le professeur, le chercheur comme le militant d'une architecture sans compromission ni facilité. Depuis, nous espérions qu'un monument lui permette de décliner son savoir sous toutes les coutures. Nous guettions le Musée de l'Arles antique, dont il avant gagné le concours en 1984, avec une étonnante figure triangulaire. L'édifice, dont le gros œuvre est achevé, reste à quai, près du Rhône, attendant les moyens de son achèvement. C'est l'Historial, dont le concours remonte à 1987, qui aura passé le premier la ligne d'arrivée

La compacité du roi des instruments

De but en blanc, et vue de l'étang de Péronne −la seule perspective, d'ailleurs, qu'autorise la docilité du bâtiment aux exigences de la ville et de sa vieille forteresse− le musée a quelque chose d'un piano, à quai. Une queue d'aronde, et qui soudain se brise, des pilotis en guise de pieds, une apparente opacité, l'élégante compacité du "roi des instruments". Là s'arrête cependant l'image, vite relayée par une réalité plus architectonique: ainsi, le béton, particulièrement réussi, a la couleur de pierre, cette même pierre calcaire que les soldats atteignaient au fond des tranchées de la Somme. Il trouve vite sa propre loquacité, parsemé comme il est par un semis de "clous" qui briseront la nonchalance des lumières et des pluies du Nord.

L'entrée publique de l'Historial est à l'opposé. Venant de Péronne, il faut traverser la cour de l'ancien château où se lit une belle progression du temps, de la brutalité altérée, donc adoucie, des anciennes structures militaires, à la douceur des espaces publics de Ciriani qui, eux, doivent sacrifier à la dureté du propos muséal. Dans cette progression, se gagne le sentiment d'une réalité autre, hors de la vie du tourisme, hors du temps rapide de cette fin de siècle, et donc plus proche de celui qu'évoque l'Historial, et dont se sont chargés les muséographes.

Les salles de l'Historial ne prennent jamais directement le jour, tout au moins, le visiteur ne se repérera-t-il jamais un paysage, où le regard pourrait courir. Le bâtiment, tout au long du parcours muséal, n'a que lui-même pour vis-à-vis, ou bien de larges pans de mur de l'ancienne forteresse. Ainsi l'Historial est clair et aveugle, clair de la luminosité des espaces de la modernité, et aveugle par lucidité, si l'on peut dire, des souffrances de la guerre. On nous permettra de tenir pour secondaire, ou presque, l'habileté de l'architecte, qui, se greffant sur un programme muséographique dès le départ très défini, a su organiser ce qu'il appelle "la figure d'une hélice à quatre ailes": au centre, un espace relié à chacune des quatre autres salles forme en effet un axe −la salle des portraits− autour duquel s'enroule la spirale d'une histoire cruelle. C'est, comme toujours, dans les détails que se lit le savoir-faire de l'architecte, dans l'articulation des volumes, des pleins, des creux, des jours ou des zones de mystère, c'est dans sa capacité à simplifier, à chercher enfin l'essentiel pour que les vraies surprises puissent s'y lire.

Un œil plus critique relèvera bien sûr quelques raisons d'agacement: la disposition d'un escalier conduisant à la cafétéria, des menuiseries ici trop pompeuses, là trop pauvres. Mais tout cela est la rançon d'un bon génie qui sait trop bien révéler et donner. On attend donc avec la plus grande impatience (fin 1994?) l'achèvement du Musée d'Arles.

ECRITS SUR LE MUSÉE D'ARLES

L'ARCHITECTURE D'AUJOURD'HUI N°282, septembre 1992
ARQUITECTURA VIVA N°37, JULIO-AGOSTO 1994
CASABELLA N°618, DICEMBRE 1994
ARCHITECTURAL DESIGN PROFILE N°12, 1996


L'ARCHITECTURE D'AUJOURD'HUI N°282, septembre 1992


Pour un architecte, avoir à traiter un programme de musée est une chance: c'est un lieu véritablement d'architecture où l'on est autorisé à s'exprimer, où l'absence d'archétype donne une liberté rare. C'est aussi le lieu par excellence de la lumière maîtrisée.
Le musée classique est né de la réutilisation de la figure du palais et de son enchaînement de pièces. Cette typologie n'est pas entièrement satisfaisante, notamment au niveau de l'entrée. Il faut emprunter une invention anglo-saxonne, le lobby. Lieu focal où convergent les circulations (on peut y arriver de quatre rues ou même par le train), le lobby des hôtels new-yorkais est le meilleur exemple d'un accueil à partir duquel tout se distribue et où un ensemble d'informations est donné dans une simultanéité parfaite.
Pour échapper à l'archétype du palais, Wright et Le Corbusier trouvèrent, l'un et l'autre, le mouvement continu et la forme qui s'y adapte, la spirale. Leur apport a été de mettre en évidence le fait qu'un musée est surtout un parcours, une circulation. Dans un mouvement de descente chez Wright (mais le rapport avec l'entrée est perdu); du centre vers l'extérieur chez Le Corbusier (mais il faut passer sous le bâtiment pour aller au cœur de l'édifice et développer ensuite le circuit vers la périphérie). Ces dispositions produisent des bâtiments très autonomes qui ne peuvent pas être contextuels; C'est plutôt au contexte de faire l'effort.
Le thème du musée a réellement émergé dans les années quatre-vingt. Il y a gagné un statut d'édifice majeur. Le projet de Hollein à Mönchengladbach, celui de Meier à Francfort ou de Pei à Washington, celui de Stirling à Stuttgart ouvrent la voie d'une réflexion sur un édifice pour lequel n'existe guère de référence antérieure. Ces grands équipements tendent à se constituer comme des espaces urbains intérieurs. Ils se définissent dans ce type de spatialité.
Dans notre projet, toutes ces considérations étaient déjà présentes (bien que moins définies), en 1983-84, au moment du concours. Et puis il y avait la ville d'Arles. Le musée se devait d'apporter une nouvelle pièce à l'histoire de la ville. Dans cette presqu'île bordée d'eau, le Rhône à l'ouest, le canal du Midi à l'est, la figure du triangle s'est imposée rapidement. Étrangère à la romanité, elle répond cependant à l'ovale parfait de l'amphithéâtre de la vieille ville, faisant écho aux géométries brutales des grands ensembles de la ville neuve. Du géographique, elle rejoint l'urbain.
Le triangle est une figure qui s'articule en hélice autour d'un centre. Il répond parfaitement au programme qui demandait un circuit court et un circuit long. Mais il représente aussi une sorte de défi: fermé sur lui-même, il est indéformable au niveau constructif, à l'opposé en cela d'une certaine image de l'espace moderne, par définition libertaire, qui aurait plutôt tendance à s'échapper. Comment faire, sans fermer le triangle, pour qu'il reste? Cette interrogation rejoint mes préoccupations de toujours: comment fermer un espace ouvert, comment ouvrir un espace fermé? L'hélice, en traitant son centre vide et théoriquement fermé, en l'ouvrant sur le ciel et en construisant le long de ses bras, permet qu'on ouvre l'espace sur les trois directions.
Le programme s'intègre logiquement dans cette figure, avec ses trois secteurs: le scientifique (qui regroupe les opérations de restauration, d'exposition temporaire puis de stockage ainsi que l'école des fouilles),le culturel (où s'effectue l'enseignement, avec bibliothèque, salle de conférence, foyer, administration) et l'école des guides.
Ils forment deux bâtiments qui tiennent entre eux le musée proprement dit. Ils sont travaillés dans une relative souplesse car leur façade, constituée par des parois autonomes revêtues d'Emalit bleu, ne leur appartient pas. La symbolique et l'échelle de ces parois n'ont pas à tenir compte d'une logique interne particulière.
La façade principale est perpendiculaire à l'écluse du canal du Midi, ce qui permet d'ancrer le bâtiment sur un élément artificiel. Cette première paroi, face à la ville ancienne, n'a pas de développement. Elle est l'acte fondateur du projet en même temps que la façade de l'immense cirque qui la jouxte et dont les fouilles sont en cours. Derrière elle, l'aile culturelle apparaît comme un bâtiment blanc sur pilotis à l'intérieur de la cité. De cette première paroi naît la seconde, face au canal, qui va gouverner l'aile scientifique vers la pointe de la presqu'île, laquelle introduit le musée face au Rhône avec son extension vers la ville.
Au centre, le patio contient un grand escalier qu'on emprunte pour achever sur le toit le parcours muséographique. Cet élément remplit le vide central, donne la direction de l'hélice en même temps qu'il la stoppe. On arrive à la hauteur de la cime des arbres. Le musée ici se fond avec son territoire. Ce toit constitue la quatrième façade de l'édifice, tout aussi importante que les trois autres et révélatrice de l'organisation interne par son système d'éclairage zénithal.
L'architecture de l'ensemble est très dépendante du captage de la lumière. Un ensemble de sheds ouverts au nord conduit la lumière loin du périmètre de la façade. Ce type d'éclairement issu du monde industriel a gagné dans le musée un statut proprement architectural. Ici, il forme des vagues de lumière blanche et homogène qui paraissent ruisseler, échappant au plafond.
Un autre type de lumière (qui peut être qualifiée de réfléchie) est obtenue par des potences qui captent la lumière solaire et lui donnent une texture plus colorée. Enfin, les lumières dites "de vue" entrent par des ouvertures toujours cadrées sur le paysage et mises en tension pour que l'espace ne s'échappe pas.
L'Emalit bleu teinte cette lumière d'une nuance plus froide. Ce matériau et cette couleur étaient déjà présents dans des projets plus anciens (notamment celui de l'Opéra-Bastille) où ils obéissaient à une syntaxe précise (bleu pour les éléments contextuels, rouge pour les parties clairement fonctionnelles). A Arles, le bleu se réfère plus simplement à la couleur du ciel provençal, si intense.
Les évolutions du programme depuis le moment du concours ont déjà permis de vérifier la pertinence de la figure la pertinence de la figure triangulaire. Ce qui était le musée de l'Arles antique est devenu l'Institut de recherche sur la Provence antique. On est passé de 6 000 à 7 400 m2, sans qu'en soit affecté le concept de base.

Henri Ciriani
in L'Architecture d'Aujourd'hui n°282, septembre 1992


ARQUITECTURA VIVA N°37, JULIO-AGOSTO 1994


Para un arquitecto, la ocasión de acometer un programa museístico es toda una oportunidad: se trata de un lugar verdaderaente arquitectónico donde es legítima la expresión pura, donde la ausencia de arquetipos otorga 
una libertad poco frecuente. Es, además, el lugar por excelencia de la luz domeñada. El tema del museo ha reaparecido de forma espectacular durante los años ochenta y ha conquistado un rango de edificio principal. Los grandes museos realizados en estos años tienden a convertirse en espacios urbanos interiores y quedan definidos dentro de esta catagoría espacial.
En el proyecto del Museo de Arles, convertido ahora en Innstituto de Investigación de la Provenza Antigua, todas estass consideraciones estaban ya presentes en 1983-1984, en el momento del concurso. Estaba luego la ciudad de Arles: el museo debía aportar una nueva pieza a la historia del lugar. Dentro del emplazamiento, casi una isla, con el Ródano al oeste y el canal del Midi al este, la figura del triángulo se impuso rápidamente.
El triángulo es una figura que de articula en hélice en torno a un centro. Responde perfectamente al programa, que exigía un circuito corto y otro largo. Pero también representa una suerte de desafío: cerrado sobre sí mismo, es indeformable en el aspecto constructivo y contrario en esto a una cierta imagen del espacio moderno, que es por definición fluido y muestra tendencia a escaparse. La hélice permite que el espacio se abra en las tres direcciones. El programa se integra de manera lógica en esta figura, con sus tres sectores: el científico, el cultural y el académico.
El conjunto se configura como dos edificios, entre los cuales queda contenido el museo propiamente dicho. Sus fachadas, constituidas por paredes independientes recubiertas de cristal "Emalit" azul, no les perteneces: el simbolismo y la escala de estos muros no responden a ninguna lógica interna particular.
La fachada principal es perpendicular a la esclusa del canal del Midi, lo cual permite anclar el proyecto a un elemento artificial. Este primer muro, de cara a la ciudad antigua, no tiene desarrollo. Constituye el acto fundador del proyecto y al mismo tiempo actúa como fachada del inmenso anfiteatro adjunto. Tras él, el ala cultural se presenta como una construcción blanca sobre pilotis. De este primer muro nace el segundo, frente al canal, que dirige el ala científica hacia la punta de esta especie de isla.
La cuarta fachada
En el centro del patio, una escalera sube hasta la cubierta del espacio de museo. Este elemento llena el vacío central e impone dirección a la hélice, deteniendo al mismo tiempo su recorrido. El edificio se encuentra con su entorno en lo alto de la cubierta, que constituye así una cuarta fachada, tan importante como las otras tres y reveladora de la organización interna a través del sistema de iluminación cenital.
La arquitectura del conjunto depende en gran parte de las formas de captación de la luz. Una serie de lucernarios abiertos al norte conduce la luz lejos del perímetro de la fachada. Este tipo de iluminación extraído del mundo industrial ha adquirido un carácter puramente arquitectónico. En este caso forma oleadas de luz blanca que parecen llover desde el techo hacia el interior El vidrio azul otorga a la luz un tinte más frío y se presenta como referencia al color provenzal, tan intenso.
Henri Ciriani
in Arquitectura Viva 37, julio-agosto 1994
 
 
CASABELLA N°618, DICEMBRE 1994 



Le tre ragioni del triangolo
.  Grazie a questi dodici anni di lavoro il progetto si è fatto evidente, mentre all'inizio era solo intuitivo. Il temp mi ha permeesso di sapere con esattezza ciò che stavo facendo. Io dico sempre che se non si hanno tre ragioni per fare una cosa, è meglio non farla. E per fare quel triangolo avevo tre ragioni.
.  La prima era connessa all'itinerario, perché il programma parlava di giro lungo e di giro breve. Ora, fra tutte le figure, il triangolo è cuella che consente l'itinerario più breve, e quello lungo si può ricavare nello spessore di uno dei bracci.
.  La seconda ragione è il sito: un triangolo delimitato dal fiume, dalla chiusa e dal circo romano.
.  La terza ragione è programmatica. Il programma era in tre parti: un'ala culturale (conservazione, corsi per le guide, auditorium); una scientifica (corsi di scavo, mostre temporanee), che è la parte "laboratorio" del museo; e il museo propriamente detto.
questo era già un incitamento a dare a ognuna una luce, uno spazio, un colore particolari. Ogni parrete è rappresentativa del proprio programma.
.  La parte culturale è l'unica che lasci leggere gli elementi interni; è un edificio che si rispecchia nella città vecchia.
.  Quella scientifica è un brise-soleil, non autorizza alcuna lettura.
.  La parete del museo crea il rapporto con l'estero.
Il triangolo è l'ideale per imparare a chiudere ciò che è aperto e ad aprire ciò che è chiuso.

Tre sono le condizioni imposte dalla tipologia del museo: l'ingresso, il percorso, la luce.
L'ingresso è il palazzo, oppure la rovina. È l'ingresso strutturato in origine per la gloria di uno solo, che diventa l'ingresso di tutti. L'esempio più significativo è il Louvre. Ingresso vuol dire siimultaneità dell'informazione, è uno spazio simultaneo: ad esempio, quello che era un tempo l'ingresso del MoMa di New York. L'analisi di Wright e di Corbu fa capire che il museo è un percorso in cui si entra e si esce nello stesso punto.

Nel caso del triangolo, uno dei problemi principali era l'impossibilità di collocare l'ingresso al centro delle parete. Più il lavoro andava avanti e più era chiaro che l'unica soluzione che consentisse un ingresso d'angolo era quella della rampa. La scalinata al centro della rampa vuol essere un ricordo dell'ingresso centrale.

La "promenade" architettonica si faceva evidente: giunti sul tetto, si può vedere il sito di cui si è appena visto iil modello; la rampa è diventata un belvedere. Nessuna modifica al programma ha mai posto in discussione la rampa.

Percorso. All'interno, esso è frutto degli schemi di circolazione urbani degli anni Cinquanta con angoli di 60°: io sono figlio degli anni Cinquanta. Col tempo, però, mi sono reso conto che il lavoro era ortogonale, perché ogni ala veniva letta ortogonalmente nel suo spessore interno. Non si ha l'impressione di trovarsi in un triangolo, ma il triangolo rimane presente nella memoria del percorso.

L'ultima condizione tipologica è la luce. Qui abbiamo un sistema di illuminazione dal tetto, come una quarta facciata. Dove si trova l'illuminazione più omogenea che sia mai stata inventata? Nelle fabbriche, con gli sheds. Il pilastri diventano tronchi d'albero, le ondulazioni del soffitto sono nuvole. In questo spazio si ha la sensazione di trovarse agli albori dell'architettura: non la capanna, ma la radura. Il soffitto di Corbu a Chandigarh è una notte stellata; io qui mi sono richiamato semmai ai soffitti delle chiese barocche di Vienna, con le loro immagini di cieli al tramonto.
Il referente dell'architettura è la natura. Oggetto dell'architettura è la spazialità interna. Ed è un'invenzione cui si giunge soltanto quando all'interno si riesce a rappresentare, fisicamente o in modo da suscitare un'emozione, una spazialità esterna. Lo spazio indicibile, è riuscire a realizzare un esterno naturale in un interno architettonico.

Il colore non è soltanto un'astrazione. Inizialmente, le tre ali del triangolo erano autonome. Ma perché le tre pareti rappresentassero l'insieme era necessario che si toccassero. Poi è nata l'idea del rivestimento blu, che è un tema pittorico. Esso rinvia alla permanenza del cielo, l'unica permanenza dall'epoca romana a oggi, dato che la terra viene continuamente modificata. Il vetro trasmette l'idea di un nuovo tipo di marmo, mentre all'inizio stava semplicemente a significre: questo non è un oggetto organico. E c'è anche l'idea dell'indossare il vestito bello, un vestito di Paco Rabanne pere sottolineare la parte perenne dell'edificio. Il vetro blu esprime l'idea che al di là vi sia una permanenza, che si intravvede nei tratti scoperti, ove traspare il cemento. Il vetro trasparente, invece, sta a indicare il vuoto.

Il muro rosso, all'interno, lungo la galleria dei sarcofagi, c'è stato fin dall'inizio. Quella parete doveva essere rossa affinché i sarcofagi non dessero l'idea della morte. Per dare un sesnso di calore; Ma per chi guardasse dal punto più largo, il muro poteva apparire come uno sfondo: e questo sarebbe stato un disastro. Allora ho fatto funzionare il muro rosso e le colonne come una sorta di stoà greca, affacciata su un paesaggio interno.

Il lavoro svolto a Péronne mi ha confermato quanto sia fondamentale l'idea di permanenza. Per Arles, ho sempre avuto la pretesa di fare qualcosa di romano, ma di un romano del giorno d'oggi. Cerco di stare da quella parte: la romanità mi piace, è la civiltà.

Henri Ciriani
in Casabella N°618, dicembre 1994


ARCHITECTURAL DESIGN PROFILE N°12, 1996



The concept of the museum has in effect only emerged in the last 80 years, although it has now developed to a much-heralded status. Hollein's project at Mönchengladbach, Meier's in Frankfurt, Pei's in Washington and Stirling's in Stuttgart open the way for reflection on the edifice for which anterior references barely exist. The Museum of Ancient Arles was built to deal with the existing and increasing amount of Roman artefacts from the surrounding area in Southern France and set up sophisticated excavation projects and research groups.
The museum was to bring a new aspect of history to the town. Surrounded by water −the Rhone to the west, the Midi Canal to the east− this near-island, set on a triangle of land, is immediately imposing. Far removed from all things Roman, the triangular form responds, however, to the perfect oval of the amphitheatre of the old town, echoing the brutal geometries of the configurations of the new town. From a geographical point of view, the island harmonises with the urban context.
The triangle responds perfectly to the design which demanded both a short and a long route. The design is integrated logically in this form, with three sections: the scientific (catering operations, temporary exhibitions and stock, in addition to the school of excavation); the cultural (where teaching takes place, the library, conference room, administration, and foyer) and finally, the school for museum guides. These elements constitute two buildings which between them contain the museum proper.
The main façade is perpendicular to the sluice gate of the Midi Canal, which enables the building to be anchored to an artificial element. This first wall, facing onto the old town, is not well-developed. It is the original element of the project as well as the facade of the immense juxtaposing Roman circus where excavations are taking place. Behind lies the cultural wing, a white building, set against the heart of the city. The second facade looks onto the canal and dominates the scientific wing which is oriented towards the point of the near-island. This area, facing the Rhone, introduces the museum with its extension facing the town.
In the centre, the patio contains a grand staircase which is incorporated into the roof detail thus completing the museographic route. This element fills the central void, giving direction to the helix while at the same time rendering it complete. The roof comprises the fourth facade of the building, as important as the three others and revealing in terms of internal organisation on account of the skyward lighting system.
The architecture as a whole is very dependent on the quality of light. A group of open shed-roofs to the north directs the light from the perimeter of the facade. This type of lighting, borrowed from the industrial world, has endowed the museum with architectural ingenuity. Here waves of white homogenous light seem to ripple, escaping to the ceiling. Another type of light is obtained by brackets which capture the sunlight and give it a more textured colour. Finally, the so-called 'view' lighting enters through openings framed by the countryside.
The blue building panels give this light a somewhat cold quality. This material and this colour were already present in the most ancient projects (notably that of the Opera-Bastille) where they conformed with a precise syntax (blue for the contextual elements, red for the functional areas). In Arles, the blue colour refers more simply to the intense colour of the provincial sky.
Since the time of the competition in 1983-84, the evolution of the design has confirmed the pertinence of the triangular form. What was the Museum of Ancient Arles has now become the Institute of Research for Ancient Provence. The museum has expanded from 6,000 to 7,400 square meters without detracting from the initial concept.

Henri Ciriani
in Architectural Design Profile N°12, 1996

CONSTRUIRE UN MUSÉE

 
Musée de l'Arles Antique 1983-1995, croquis d'études du hall  (2 août 1985)


Ma première préoccupation a été d'ordre typologique: qu'est-ce qu'un musée en tant que bâtiment? Il a fallu s'intéresser à l'histoire et quelques évidences en sont sorties. Contrairement à d'autres programmes, le musée n'a pas eu de pensée archétypale. On a adapté un palais ou une ruine, on a transformé la maison des rois, le Louvre, et on l'a donné au peuple; voilà quelle a été l'invention du musée. De là, on comprend pourquoi les musées rencontrent l'adhésion du grand public, avec les églises ou les monuments religieux. Ce sont les deux grands programmes où les gens s'attendent à voir de l'architecture et qui les rendent a priori favorables à ce qu'il vont y rencontrer. C'est sans doute ce qui a rendu plus difficiles les commentaires critiques sur les musées. On se sent toujours obligé de discute sur les aspects secondaires: quelle est la place de l'architecte, un musée est-il fait pour les œuvres ou pour l'architecture, etc... C'est secondaire, mais intéressant car cela signifie que la problématique architecturale est au centre de ces programmes. Il ne viendrait à l'esprit de personne de se demander si l'architecture doit être plus importante que le confort des sièges d'un théâtre. Première constatation donc, issu du palais, le musée a comme défaut fonctionnel la transformation du lieu d'un seul en un lieu de tous. C'est ainsi que l'entrée apparaît logiquement comme l'élément fondamental du musée; ce qui est entièrement nouveau. Ma première préoccupation fut donc de ne pas «rater» l'entrée. On n'appelle pas Beaubourg un musée à cause de son entrée. La partie musée n'a pas réussi à l'investir tout entier.
 
Si, selon moi, un musée se définit d'abord par son entrée, il est aussi une circulation ­­─Wright et Le Corbusier ont essayé de faire un musée en donnant priorité à ce critère. Selon eux, et leurs œuvres le montrent, le musée est un parcours. Le Corbusier parle d'un musée à croissance illimitée, et à cette fin il le met sur pilotis: il suffit à partir du centre de déployer les spirales; mais les cercles concentriques ne suffisent pas à régler le problème de l'accès car Corbu fait un bâtiment qui, en théorie, n'a jamais de façade puisqu'on peut toujours ajouter un anneau périphérique supplémentaire. Le concept est peut-être juste, il est irréalisable en pratique. Wright, lui, oblige à monter en ascenseur jusqu'au dernier niveau et à descendre doucement une pente en spirale. Il crée ainsi un espace central qui est plus important que le parcours ou l'image même du musée, et qui vous donne l'impression d'être dans un grand magasin. Sans compter l'impossibilité de regarder un tableau sur un plan horizontal... Si pour Corbu et Wright le musée est un parcours, ils n'ont cependant pas réussi à établir un prototype. Non que je me plaigne de ne pas avoir de modèle. Il faut pourtant persévérer. Le musée est peut-être aujourd'hui le seul programme réellement démocratique. Ce thème occupe depuis 20 ans la presse architecturale et a suscité une grande production. Cela a sans doute contribué à libérer l'architecte et à pousser ce dernier à faire de l'architecture. L'architecte écoute tantôt le conservateur, tantôt le programmateur, tantôt l'économiste, tantôt le bon sens populaire. Et tantôt il essaie de suivre une pensée; on a même assisté au fameux groupe des quatre: Stirling, Meier, Hollein, Isozaki (grands constructeurs de musées) se réunissant souvent. Mais sans doute cela n'a pas suffi. A mon sens, il faut éviter d'installer la nouveauté comme seule valeur. Ce n'est bon ni pour l'architecture ni pour les commanditaires.

Musée de l'Arles Antique - croquis d'études de la Salle du cirque (1er mai 1988)

LUMIÈRE ET NATURE
La troisième composante du musée est la lumière. On doit bien constater sur ce chapitre que les musées de peinture ont influencé les autres musées. La grand bataille sur la lumière naturelle ou l'éclairage artificiel est toujours d'actualité. Petit à petit, pour ne pas être confronté à ce dilemme, on a opté pour la lumière zénithale en résille double: la lumière est projetée sur une première couche qui a pour fonction d'évacuer toutes les nuisances, puis une seconde qui achève de stopper les rayons nuisibles. La conséquence immédiate est la disparition de la nature dans le musée ─j'entends par là tout ce qui n'est pas artificiel. Dans les lieux de culte, on sait que la nature est représentée par la lumière et que cette lumière représente «Dieu». Je me suis arrêté à deux postulats. Le premier est que le shed ─le shed industriel─ constitue un moyen performant pour dispenser une lumière uniforme sur une grande surface; le second, la lumière naturelle ─et c'est là où ma référence à Louis Kahn est immédiate et incontournable─ l'essentiel de mon travail a consisté à bien différencier la source lumineuse de ce que l'on voit: il y a la lumière naturelle qui n'est que source de lumière, et il y a la source de lumière qui est en même temps paysage. C'est le concept de base autour duquel j'ai construit mes musées, le reste de leur apparence dépend du site, de la programmation du musée lui-même et de l'économie du projet.
 
RÉPONSES CONCRÈTES Les lobbies des grands hôtels new-yorkais sont, à mon sens, les seules entrées réussies, parfaitement adaptées de surcroît aux besoins d'un musée. D'un seul coup d'œil on est en mesure de distinguer le lieu d'information, le lieu des collections permanentes, le lieu d'expositions temporaires, les activités annexes. Je pense avoir, avec Arles, apporté une petite contribution. Dans le futur, le hall de ce qui va être une cité muséale va être la nouvelle place publique, ce que j'appelle l'espace urbain intérieur. Et donc j'ai tout fait pour obtenir à Arles, là où la dimension du projet le permettait, une augmentation de surface conséquente par rapport au programme du concours (80m2 demandés, 400 proposés et obtenus!). Si on considère les espaces de circulations qui viennent s'y ajouter, cela représente 600m2, hors cafétéria, librairie, etc... Cela nous a permis de diviser le projet d'Arles en trois entités que l'on peut pratiquer comme trois bâtiments, eux-mêmes faisant partie de l'ensemble que constitue la cité muséale. Les espaces de l'entrée et  ses compléments servent donc à différencier et à créer le recul. C'est ma première tentative sérieuse pour mettre en concordance une pensée théorique et une réalisation.

J'ai tenté aussi de donner une matérialité physique à ces concepts. Dans l'aile scientifique, les sols sont ris, selon un module 20x20; les interrupteurs sont également gris, ce qui permet de les pratiquer avec les mains sales. Les façades, en périphérie de la cité muséale, sont rouge romain; soit en carrelage rouge, soit en «marmorino». Pourquoi? Parce que c'est le lieu de la référence à la matière: la terre contient et initie tout; le blanc est bien trop fragile par rapport aux contraintes de circulation: juste à côté se situe en effet le laboratoire des fouilles avec, en contact direct, des gens travaillant sur le site. L'aile culturelle ─qui est après tout une émanation de l'esprit─ est traitée à l'aide de carrelage blanc pour toutes les parties où on accueille des groupes scolaires, de parquet pour la bibliothèque et l'administration. Le bois, les poteaux, sont peints en blanc. Quant à l'image de la cité muséale dans son ensemble, elle est symbolisée par le bleu. Nous avons cependant introduit certaines transgressions à la pureté de l'enveloppe en des points très particuliers du programme. L'aile culturelle, par exemple, est traitée en façade, face au centre historique, en pierre blanche légèrement en saillie par rapport à l'aplomb de la façade. C'est la couleur blanche qui la signale. L'aire d'expositions et les espaces de circulation sont en «pietra serena»; cette pierre grise utilisée à Florence a demandé un investissement important.

Ces longues années de travail m'ont conduit à m'intéresser à la faillite des centres culturels et des maisons de la culture: ils ont été désertés car ils obligeaient à une trop grande participation physique. Leurs programmes s'articulaient autour d'une salle de théâtre, or tout le monde n'est pas acteur ou agitateur culturel. Le public aspire à un lieu qu'il peut pratiquer tranquillement et librement. C'est ainsi que le musée est devenu légitimement dans dans l'esprit du public le centre culturel du futur. On a commencé à lui adjoindre un peu plus qu'une cafétéria; la banque d'accueil réunissant la vente des billets et de catalogues à fait place à une librairie et une boutique. Avec l'arrivée des nouvelles technologies interactives, les musées ne seront bientôt plus des lieux où on vient voir quelque chose, mais où on vient voir les choses qui ne sont déjà plus là: on y verra, par exemple, toutes les collections des autres musées traitant du même thème. A l'ère du spectacle médiatisé, le public a l'intuition que le musée, lieu de l'original, de l'authentique, est devenu le lieu de la vérité. Cela rassure de prendre un café à côté d'une œuvre à qui la société a bien voulu donner de la permanence; au moment où on ne sait plus qui croire parce qu'il y a trop d'informations, le lieu de l'original apparaît comme le seul légitime; c'est la spiritualité de notre époque.


Propos recueillis par Florence MICHEL
publiés dans la revue CREE architecture intérieure
numéro spécial «MUSÉE Temple et forum»
décembre 1991
Les illustrations ont été rajoutés pour le blog








LE TRIANGLE D'ARLES

Le Moniteur des travaux publics et du bâtiment
26 avril 1991

Alors que la construction est loin d'être achevée (la réception ne se fera qu'en décembre 1992, le bâtiment devant été inauguré en mars 1995), le Moniteur a envoyé un journaliste pour un reportage du chantier en cours.

article de Nathalie Régnier:
MUSÉE
LE TRIANGLE D'ARLES
Construction parasismique, le musée d'Arles, d'Henri Ciriani,
fait appel à toutes les performances du béton






INSTITUT DE RECHERCHE SUR LA PROVENCE ANTIQUE II


© Jean-Marie Monthiers

DEUX LIGNES, TROIS TRIANGLES, TROIS FONCTIONS, TROIS COULEURS

ou les bases de la composition du bâtiment


Deux lignes convergent pour donner lieu à l'entrée principale.
1.     un bâtiment linéaire orienté vers la ville ancienne au nord-est où le blanc domine et qui constitue la façade principale;
2.    un bâtiment linéaire orienté vers le canal au sud où le rouge domine.
  

Trois triangles englobent des espaces, du plus petit au plus grand:
1.     la cour centrale point de départ de la promenade architecturale vers la 4ème façade,
2.    l'exposition permanente (le musée proprement dit) ancré sur les 2 bâtiments linéaires dont les façades arrières (blanche et rouge) sont visibles
3.    la cité muséale dans son ensemble, comprise dans un triangle ouvert dont les parois sont recouvertes d'Emalit bleu.


Les trois fonctions du bâtiment sont:
1.     l'aile culturelle comprenant l'auditorium, l'école des guides, l'atelier d'enfants,  le bureau du Conservateur, la salle de lecture et la cafétéria;
2.    l'aile scientifique comprenant l'arrivée traitement et stockage des fouilles, l'exposition temporaire et l'école d'archéologie
3.    l'exposition permanente ou usée de l'Arles Antique.


Les trois couleurs dominantes sont:
1.     le bleu (verre émaillé) de la cité muséale,
2.    le blanc (pierre ou peinture blanche) de l'aile culturelle en façade principale (devant la paroi bleue) et face au musée,
3.    le rouge (carrelage terracotta) de l'aile scientifique en façade sur canal et face au musée.



  LE BLEU
de la cité muséale en panneaux de verre émaillé
© Jean-Marie Monthiers


 LE BLANC
de l'Aile culturelle en pierre ou peinture blanche: 
à l'extérieur en façade principale (devant la paroi bleue)
© Jean-Marie Monthiers



et à l'intérieur, face au musée

© Jean-Marie Monthiers


 LE ROUGE
 de l'Aile scientifique en carrelage terracotta:
à l'extérieur en façade sur canal
© Jean-Marie Monthiers

et à l'intérieur, face au musée
© Jean-Marie Monthiers

adresse: Presqu'île du Cirque Romain à Arles (13)

Inauguration: 25 mars 1995