LA PIECE URBAINE



exposition "Le architetture dello spazio pubblico: forme del passato, forme del presente", 
Triennale di Milano 2005

L’architecture de la ville

Penser ou projeter la ville me semble impossible si l’on n’est pas animé par une utopie.
Les années 70, avec le début des grands concours nationaux, permirent de canaliser vers la ville l’énergie dégagée par les événements de 68. A tous les maux de l’urbanisation sauvage vont être opposés les bienfaits de l’architecture urbaine.
Ce fut pour moi un parcours projectuel qui oscillait entre l’acceptation de la ville traditionnelle, celle où l’espace extérieur règle l’organisation du bâti, et la ville architecture, celle d’un volume capable de créer de nouveaux rapports de confrontation avec la nature (ville artefact).
Il ressortit de cette expérience la conviction que la ville idéale était impossible et qu’il fallait trouver un mode opératoire qui autorise une certaine autonomie, autonomie prise comme limite et début de l’utopie.

La pièce urbaine

Le pièce urbaine agit comme un catalyseur stratégique qui, une fois inscrit dans un contexte urbain, modifie (ou influe sur) la veine et le caractère du tissu.
L’objectif de cette approche est donc d’assumer un rôle urbain supérieur à celui du programme en renforçant des tendances latentes (cachées) ou en bloquant un aménagement reconnu sans qualités.
En même temps, la pièce urbaine est aussi introvertie, grâce à son espace public ou semi-public, qui peut compenser ainsi les manques de l’environnement.
Elle se présente enfin comme relais possible entre la morphologie urbaine et la typologie des logements et de leurs équipements d’accompagnement, à l’intérieur de l’autonomie du programme.

Du point de vue disciplinaire, la pièce à pour fonction d’installer des spatialités modernes qui déjouent l’enfermement.
Ces nouveaux espaces doivent véhiculer des qualités urbaines comparables à celles reconnues de la ville traditionnelle (lecture, repérage, confort, ...). Pour y parvenir, il faut attacher autant d’importance à la convention urbaine, (1) histoire de la forme de la ville et des pratiques urbaines, qu’au typologies des logements ou aux différentes déclinaisons d’échelle des bâtiments.



Les quatre règles de la pièce urbaine

La pièce urbaine obéit à quatre règles, auxquelles il ne faut pas déroger car elles garantissent l’équilibre, l’harmonie urbaine et l’unité de l’ensemble et du continuum spatial sur son emprise.

1. Identité extérieure

Tout d’abord, une pièce urbaine doit avoir une présence extérieure.
Cette figure doit être reconnaissable de l’extérieur et, en conséquence, se démarquer de son entourage ou le conditionner, devenir identifiable et dialectique.
Au niveau du territoire, elle doit s’installer dans sa logique géographique et ne doit pas se fondre mais plutôt révéler l’essence du territoire, son paysage. Une pièce urbaine n’est soumise au contexte urbain que dans la mesure où celui-ci a une permanence supérieure à elle.
Ceci impose donc une lecture assez fine de l’existant et des invariants de la pratique urbaine, autant pour les traces de l’histoire que pour les attendus du futur.
La pièce urbaine n’est pas une rupture morphologique, quand bien même sa forme pourrait en donner l’idée.
Le dynamisme directionnel inhérent à la longueur d’une rue ou la stabilité centralisante d’une place restent des référents incontournables.
Elle revendique cependant une forte présence moderne, tenant sous son emprise les espaces les plus vastes possibles avec le minimum de matière. Cela suppose des dilatations spatiales d’une part, et des virtualités d’autre part (obstacles transparents).

2. Un dedans

Le corollaire du besoin d’une image extérieure est la nécessité d’avoir un dedans.
La pièce doit posséder un « intérieur ». Cet intérieur doit se référer à l’ensemble tout entier. La variété (nécessaire) des événements visuels ne doit pas nuire à son unité ou à son foyer spatial, ce qui le rendra indissociable du programme et, en même temps, par sa dimension et sa présence, apparaîtra comme une partie urbaine de la ville, comme une contribution à l’ensemble des espaces publics de la ville.
Il ne s’agit pas d’un coeur d’îlot traditionnel, mais d’un intérieur à partir duquel l’ensemble s’identifie. C’est une manière de faire comprendre comment, où, et de quoi est fait cet ensemble dont les bâtiments possèdent une forte capacité à enrichir leur périmètre par un travail de stratification de leur espace frontal (la façade épaisse) (2) .
Cet espace intérieur doit être « tenu » par l’architecture. Il doit donc apparaître comme l’espace vital des bâtiments qui le bordent ; ses parois doivent se confondre avec les façades des immeubles. Il mettra ainsi en relation des bordures, leur assignant un rôle formel précis qui devrait contribuer à l’unité intérieure, le collectif, en même temps satisfaire les besoins ou exigences des logements, l’individuel. La transparence, le travail en strates, le vocabulaire architectural, sont autant d’éléments qui servent à transcrire cette épaisseur architecturale nécessaire à l’échelle de l’ensemble.
C’est pour cela que tous les sols doivent être nommés d’après leur usage, hiérarchie et caractère public ou privé.
Cette spatialité sert aussi comme lieu public stable, car une pièce urbaine ne doit jamais venir s’ajouter à un déficit urbain, ni produire une nuisance supplémentaire à un morceau de ville.

3. Réserve verte

Ne pas créer de déficit de qualité dans une commune d’accueil, ou compenser un manque, nous conduit aussi à la nécessité de végétaliser au moins un tiers de la surface de l’opération. L’effet pacificateur de la verdure est en effet considérable pour résoudre le problème urbain, ne serait-ce que le problème visuel. La végétation se présente comme une réserve verte, son objectif principal étant de l’ordre du contraste, de l’oxygénation (poumon) et surtout véhicule d’espoir.

4. Figure simple

Une pièce urbaine répond à des nécessités de rationalisation.
L’usage des bâtiments linéaires découle de ce principe car il est plus facile de rationaliser une série ou une répétition (typologies) en utilisant des lignes comme support.
Une pièce urbaine est un ensemble urbain organisé par une figure simple. Cette figure est constituée de lignes ; ces lignes sont de deux types, continues ou en pointillé : des bâtiments linéaires opaques ou perméables (opaques avec un fort pourcentage de transparences).
Cette figure ainsi constituée laisse aux éléments architecturaux toute latitude pour résoudre jusqu’au plus petit détail de l’usage, car la qualité du logement, espace et pratique, reste l’acquis fondamental de toute recherche urbaine.


NOISY II 1976-1980


La volonté projectuelle du départ fut de constituer une pièce urbaine qui intégrerait les données urbanistiques de la ville nouvelle : la liaison organique (3) croise orthogonalement la voirie de bouclage à la limite du terrain, poursuit en ligne droite à travers l’îlot d’en face et accède à la station du métro régional et au centre commercial local. Ces données géométriques simples ont généré le plan de masse qui en devient la mise en évidence : une figure en forme de « T » qui est à la fois structure et frontière de l’espace traité. Elle est conformée de :
. un avant-corps en bordure du terrain sur toute sa longueur, premier bâtiment linéaire qui cumule deux fonctions : en tant que représentation du quartier qu’il délimite, il sera « front d’urbanisation » ; en tant que bordure de pièce urbaine, il contraint son vis à vis à conformer un boulevard (4) .
. un deuxième bâtiment linéaire, dédoublé perpendiculaire au premier corps, contient un espace central qui se superpose à la voirie de desserte interne et correspond à la liaison organique surélevée.
Un large portique marque, à l’intersection des deux, le seuil de la domesticité de l’ensemble.
Ces édifices linéaires vont créer entre eux des événements spatiaux simples mis en tension par leurs façades épaisses et les multiples vues perspectives qu’elles permettent. L’unité de l’ensemble provient de la soumission à une ligne de faîtage unique réglant la dimension haute.
L’avant-corps, long de 180 mètres, bénéficiant de la disposition du terrain incliné vers une large plaine, se devait de représenter le quartier tout entier. (5)
L’échelle de l’ensemble fut modelée en fonction de sa visibilité à distance : une horizontale sans obstructions qui règle la dimension haute et son double au sol, un socle comme façade des parkings, vont ceindre les sept corps d’habitation (six pleins et un évidé par le porche).
Le versant nord de ce bâtiment se trouvant lésé relativement aux autres orientations, nous fumes amenés à projeter ces corps d’habitation comme des tours rondes accolées les unes aux autres ; cette forme permet, par des retraits successifs en diagonale et des fenêtres d’angle, d’accéder latéralement aux rayons lumineux. Cette figure en « boule » compense l’absence de lumière naturelle des circulations centrales par une grande inertie thermique.
Les quatre logements par étage comportent aux extrémités des loggias dont le rôle accompli est double : à l’échelle de l’habiter, de par leurs positions d’angle avancé, elles incitent les logements à se développer en diagonale, ce qui permet de mesurer leur profondeur et moduler la lumière ; ce champ ouvert à la pratique du logement fut exploité dans le découpage des espace internes. A l’échelle du bâtiment, les loggias superposées forment des colonnes qui, avec le soubassement, connotent un portique inversé et déterminent, avec la ligne de faîtage de la frise, la figure de base du bâtiment ; l’entrecolonnement, relié à la frise, pourra évoquer à son tour le portique traditionnel.
Si pour satisfaire aux exigences d’un « front d’urbanisation » l’avant-corps utilise un plan frontal comme référence de sa figure, au sud le retrait de son dernier niveau lui confère une lecture différente : celle d’un immeuble à redents qui met en évidence l’échelle des corps constitutifs, des ressauts qui permettront de mieux articuler l’espace du dedans avec les corps bordant la liaison organique : les barres parallèles (est et ouest).
Le seuil d’intimité de l’ensemble étant marqué par le porche, c’est à partir de celui-ci que la stratégie morphologique va se développer pour constituer un « dedans ».
Vers l’est, une liaison diagonale traverse un espace carré régulier --tout en permettant l’accès piéton aux immeubles-- et va rejoindre le parc qui longe tout le côté est de la composition. Pour accueillir cet espace la ligne orientale sera écourtée et son pignon nord devra tenir compte dans son architecture du caractère calme et statique de ce lieu, ce qui est rendu possible par sa grande épaisseur et par l’apport d’harmonie verticale épaisse du redent de l’avant-corps qui lui fait face. Le dénivellement en escalier à partir de la liaison organique, l’équerre que forment des rampes à 5 degrés, vont accentuer l’autonomie nécessaire de cet espace.
Face au porche, l’espace central linéaire prend la forme d’une vallée pour renforcer sa définition de passage public, tout en gardant l’échelle intime du dedans. Ceci nous obligé à découper en trois plans horizontaux la hauteur des niveaux habitables pour que les intermèdes plantés des terrasses ne soient pas perçus comme étant autonomes ; on en profitera aussi pour résoudre des problèmes de vis à vis et d’ensoleillement.
Vers l’ouest, la convergence de multiples circulations imposait au lieu sa logique, en contraste avec la vocation statique de la placette. Ainsi, la barre occidentale s’approche de l’avant-corps au-delà des limites du prospect fermant par tension l’espace et le rendant virtuellement plein. Là émerge le seul volume vertical de l’ensemble : un escalier cylindrique qui, s’élançant, annonce les coursives extérieures du bâtiment-porche, balcons publics ensoleillés dominant sur l’espace de l’intimité collective.
En bordure de composition, ces deux lignes parallèles vont s’articuler avec l’espace environnant de deux manières différentes : à l’est, la rigueur horizontale de la barre imposera sa prestance en contraste avec les formes souples et « naturelles » du parc ; à l’ouest, l’équerre que forment la barre et les redents de l’avant-corps vient encadrer une surface boisée qui sera perçue comme un pâté de verdure dont les bords nord et est accompagnent la nécessaire linéarité des cheminements d’accès aux immeubles.
C’est aussi en bordure de composition que les façades des barres parallèles retrouvent une échelle voisine de celle de l’avant-corps pour intensifier l’unité de l’ensemble. Leur lecture frontale montrera le traitement des façades en plans successifs dont les retraits réguliers révèlent leur grande épaisseur. Le premier de ces plans se veut à nouveau connotation d’une colonnade où les colonnes sont évoquées par les volumes des ascenseurs, tandis que derrière « l’entablement » les terrasses-patios des duplex dramatisent l’encadrement de l’espace vide. En retrait sur celui-ci, le deuxième plan sera mouvementé, c’est celui des loggias-colonnes. De la loggia totalement intégrée jusqu’à la plus détachée, ce plan de référence va générer dans ses variations des situations spatiales différentes à l’intérieur des logements.


CHAMBÉRY 1978-1983

Ce projet faisait suite à deux études préalables. La première avait comme objectif de fixer des typologies de logements et leurs conséquences sur la forme urbaine pour que la municipalité établit un programme précis et détaillé. Une seconde étude explorait la possibilité de conserver partiellement les écuries et le bâtiment de la gendarmerie, et recherchait une nouvelle implantation pour la future Maison de la Culture, un jardin ayant été programmé sur la Place Monge.
Ces études servirent aussi à préciser le PAZ (6) du secteur.
A l’emplacement de l’ancienne caserne Barbot, longeant l’Avenue de la République, il fut décidé de créer un ensemble comportant : des logements composés essentiellement de deux typologies dites « de faubourg », un immeuble de type « villas suspendues », le long de l’avenue au nord, et des maisons de type « hôtels particuliers », en frange du jardin au sud ; une galerie commerçante et des boutiques le long de l’Avenue de la République, au rez-de-chaussée de l’immeuble « front d’urbanisation » ; un centre municipal d’assistance sociale sur quatre niveaux, avec accès Avenue de la République ; une cité d’artistes du côté de la Maison de la Culture. Il fut décidé de sauvegarder une unité des colonnades des anciennes écuries à l’est.
forme urbaine - Le projet République explorait une nouvelle voie dans la conception d’opérations d’une certaine importance, en milieu urbain ou en ville nouvelle : le travail sur une échelle intermédiaire d’intervention entre la typologie des logements et la forme de la ville, la création de pièces urbaines. Cette démarche implique que l’on tienne compte des objectifs suivants : une figure identifiable de l’extérieur, et possédant un intérieur « tenu » par l’architecture ; constitution d’une forme urbaine claire, une figure géométrique simple, constituée de bâtiments linéaires.
le contexte - L’incidence de l’environnement sur un projet est une donnée essentielle de l’architecture. Il s’agit d’établir un rapport dialectique entre l’existant et l’avenir, une mise en valeur réciproque des deux situations spatio-temporelles. A Chambéry, nous avons « intégré » le contexte au projet à différents niveaux.
La ville se présente comme un carrefour de vallées surplombées par des montagnes boisées. Outre que cela privilégie les lignes de faîtage, la situation du terrain en bordure d’une vallée à permis d’ouvrir la ville, à travers des transparences dans la forme urbaine, vers un paysage encadré. Au sud du terrain, la montagne. Là, le PAZ a dégagé un secteur d’ombre, un jardin, qui a conduit à développer un front d’urbanisation à la hauteur maximale (21 m) au nord, le long de la rue de la République. Ici, les circulations et accès seront concentrés au nord, dégageant le sud pour les terrasses, et la valeur accordée au contre-jour a fourni au bâtiment ces parties évidées qui enrichissent sa silhouette.
Cette première ligne est doublée par une seconde, plus basse, percée de transparences sur 40% de son linéaire. Le soleil et le site déterminent ainsi les caractéristiques formelles les plus marquantes du projet.
La présence de la Maison de la Culture dans le périmètre de l’opération nous a fourni l’occasion de l’encadrer par un porche important à l’ouest.
La situation de « porte de ville » du rond-point et la forme en sifflet du terrain vont conditionner le bâtiment « équerre » à l’angle est. La brèche ouverte dans le bâtiment-front permet à l’espace intérieur (cours central) de retrouver une respiration face au segment d’écurie conservé. cette brèche, et la courbure du bâtiment, respectent la pérennité des platanes centenaires.
Pour satisfaire aux deux lectures du bâtiment, le travail a porté sur l’autonomie virtuelle des parois des immeubles en tant que représentation soit de l’unité de l’ensemble, soit des volumes habités, l’une extérieure et frontale, l’autre enveloppe. Le Palais de Justice, édifice marquant du paysage urbain de Chambéry, a inspiré le choix des couleurs de ces deux éléments.


COLOMBES 1992-1995

Le projet de Colombes ne remplit pas toutes les exigences conceptuelles et programmatiques de la pièce urbaine telle que définie plus haut. Et pourtant, nous l’incluons dans cet ensemble pour des raisons très précises :
Cette opération dégage une forte identité extérieure, début de la reconquête des friches frontalières par la Ville de Colombes. L’échelle et le sens de « dedans » du jardin intérieur, espace de distribution résidentiel, manifestent une claire unité à laquelle sont invités à participer les bordures végétales des pavillons voisins.

Au nord-ouest de Paris, la ville de Colombes refermait, non loin de l’autoroute périphérique A86, un quartier composite où le tissu urbain déchiré réclamait suture. Là, calé à l’angle de deux rues importantes, un boulevard résidentiel et une avenue inter-urbaine, se trouve un terrain en forme de sifflet. Cette forme triangulaire se glisse entre une dense zone pavillonnaire et une vaste friche urbaine ponctuée par de très hautes et tristes tours d’habitation des années 60. Dans sa partie la plus large, le terrain intègre dans son emprise un bâtiment de logements que le règlement de la zac (7) exigeait de garder, de l’ancien indifférencié haut de huit niveaux. La partie la plus étroite révèle le conflit entre l’échelle des pavillons et la forte massivité d’un édifice de cinq niveaux en brique rouge qui oblique, de surcroît, avec l’avenue de Stalingrad.

L’objectif de base fut trouvé le premier jour : unifier par les constructions ce morceau de ville en créant une progression douce entre toutes ces bâtisses hétérogènes, une pacification urbaine en quelque sorte. Traduction spatiale de cette décision, trois gabarits furent définis :
. Le gabarit bas, comprenant la typologie des maisons-de-ville constituées d’un séjour d’un niveau et demi surmonté d’un étage. Cette volumétrie a pour fonction de résoudre le vis-à-vis rapproché avec la zone pavillonnaire : agencées en ligne, les maisons bordent fortement la rue, initiant ainsi la progression volumétrique qui va augmenter en hauteur au fur et à mesure de l’élargissement de la parcelle.
. Le gabarit moyen comprenant la typologie des hôtels particuliers ou plots. Il s’agit de la limite du type sans ascenseur qui produit cinq niveaux recevant des flats en rez-de-chaussée surmontés de deux duplex superposés. Ces plots sont reliés entre eux par le franchissement de leurs terrasses latérales ; ce système de terrasses permettant de produire des transparences nécessaires à la respiration du coeur d’îlot, dilatation spatiale qui rejoint les jardins contigus des pavillons en arrière. Tout en servant d’articulation entre les parties du projet et avec l’environnement existant, cette perméabilité des volumes construits soulage l’exiguïté du sifflet dans sa partie étroite, et permet de contraster l’intensité du trafic de l’Avenue de Stalingrad avec le calme résidentiel du jardin intérieur.
. Le gabarit haut contient des typologies éprouvées ailleurs, où les petits logements de 3 et 4 pièces conforment tantôt des flats traversants, tantôt des simple-orientation côté jardin, les duplex étant également traversants. Ce corps poursuit le faîtage de l’immeuble existant, sur une trame continuée par un long bâtiment plus bas d’un étage qui, en extrémité, prend une trame en porte-à-faux pour accueillir les cinq niveaux des plots sous son élan. Profitant de la situation d’angle du carrefour, le corps vertical se détache, tel un campanile, pour marquer l’entrée en ville, ainsi que permettre de constituer une typologie de petites maisons verticales ouvertes sur trois côtés.

Au retour, côté Boulevard Marceau, une typologie de flats, des 2 ou 3 pièces, va nous permettre de résoudre les contraintes contextuelles que produisait la très grande disparité des gabarits le long de ce boulevard, allant du pavillon à l’immeuble de quatre à cinq étages :
. par un travail en strates horizontales, on diminue la masse et on qualifie l’angle comme seule verticale ;
. par un retrait d’une trame parallèle au mitoyen utilisée pour couvrir par une toiture-jardin l’accès au parking, on développe un bâtiment en équerre dont un bras perpendiculaire à la rue s’élance vers l’intérieur de la parcelle pour produire un tout petit gratte-ciel (très vertical, donc étroit) qui fait apparaître par contraste les pavillons voisins comme des volumes plus importants tant il apparaît fin et svelte.



(1) Par exemple :
   - plus un espace est réduit, plus il est étroit, plus il est alors secret et véhicule l’idée du privé.
   - plus l’espace apparaît comme clair, sans obstacles, plus il véhicule le sens du public, de la communauté.
(2) On pourra consulter utilement le rapport de recherche de Michel Rémon sur la « façade épaisse » (Plan Construction)
(3) Circulation piétonne reliant tous les quartiers résidentiels de la zone aux équipements éducatifs et commerciaux voisins.
(4) Cette hypothèse s’est vue confirmée par la suite, lorsque l’urbaniste de la ville nouvelle modifia son plan de masse dans le sens souhaité.
(5) 1700 logements entourés par une voie rapide les reliant au système autoroutier.
(6) Plan d’aménagement de zone.
(7) Zone d’aménagement concerté.